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Historique

Le ginkgo biloba ou « arbre aux quarante écus » ou « arbre aux mille écus » (银杏 yínxìng en chinois, maidenhair tree en anglais) est la seule espèce actuelle de la famille des ginkgoaceae. Mieux, il est la seule espèce survivante de la division des ginkgophyta. On en connaît sept autres espèces maintenant fossiles et le ginkgo est souvent qualifié de « fossile vivant ». L'espèce est la plus ancienne espèce d'arbre connue puisqu'il serait apparu il y a plus de 270 Ma. Il est donc apparu avant les dinosaures et a survécu à tous les bouleversements climatiques de notre planète. 
 
Le ginkgo biloba est naturalisé dans le sud-est de la Chine. Il s'agit d'une espèce cultivée, la version sauvage ayant presque complètement disparu[1]. De là, il arrive au Japon et en Corée aux alentours du XIIe siècle. 
 
Engelbert Kaempfer, médecin et botaniste allemand séjourna au Japon de 1690 à 1692 en mission pour la compagnie des Indes néerlandaises. Il fut le premier Européen à avoir fait une description de cet arbre dans son mémoire Amoenitatum exoticarum (publié en 1712). 
 
Il rapporta des graines de ginkgo en Hollande et c’est dans le jardin botanique d’Utrecht que les premiers ginkgo européens furent plantés vers 1750. 
 
Le premier pied de ginkgo biloba en France a été apporté par Auguste Broussonnet (1761-1807) qui l'avait reçu en présent de Sir Joseph Banks (1743-1820). Broussonnet le donna alors à Antoine Gouan (1733-1821) qui le planta dans le jardin botanique de Montpellier. Il fleurit pour la première fois le 12 avril 1812. En 1795, une bouture prise sur ce ginkgo de Montpellier est plantée au Jardin des plantes de Paris. Ces deux arbres sont toujours vivants à ce jour. 
 
Par ailleurs, il s'agit du premier arbre à avoir repoussé dans la zone touchée par l'explosion de la bombe nucléaire à Hiroshima. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le ginkgo radiorésistant est le symbole même de la résistance et de la longévité. 
 
Origine du nom  
 
Le nom latin ginkgo vient de l'ancienne lecture japonaise ginkyō du mot chinois 銀杏, notée ぎんきやう avec la notation rekishiteki kanazukai dans l'atlas botanique « Kinmôzui » de Nakamura Tekisai (1629 - 1702)[2]. 
 
En chinois moderne, 銀 se prononce yín et signifie « argent », tandis que 杏 se prononce xìng et signifie « abricot ». Le composé 銀杏 se prononce alors yínxìng : « abricot d’argent ». 
 
En japonais moderne, ces caractères chinois se prononcent ginnan ぎんなん, en réservant le plus souvent cette prononciation pour parler du fruit, tandis que l'arbre est nommé ichō (イチョウ). La forme du « Kinmôzui » de Nakamura Tekisai n'est plus usitée. 
 
Carl von Linné a suivi la notation ginkgo faite par Engelbert Kaempfer dans son livre Amoenitates Exoticae publié en 1712. Cette notation est également présente dans les notes manuscrites de Kaempfer, ce qui exclut une erreur de typographie. Kaempfer aurait dû écrire « ginkjo » ou « ginkio » avec un « j » ou un « i » pour être cohérent avec les autres mots japonais qu'il écrivait[2]. La romanisation Hepburn qui utilise un « y », et transcrit « ginkyō » l'ancienne lecture japonaise, ne fut inventée que beaucoup plus tard, en 1887. L'utilisation de la lettre « g » par Kaempfer demeure donc inexpliquée. 
 
Le mot biloba vient quant à lui de la forme caractéristique des feuilles, fendues en deux lobes. 
 
Le nom d’« arbre aux quarante écus » vient du fait que le botaniste français M. de Pétigny a acheté, en 1788, 5 plants de ginkgo à un botaniste anglais pour la somme considérable de 200 livres, soit 40 écus d’or. 
 
Le nom d’« arbre aux mille écus » est aussi expliqué par l’aspect de ses feuilles qui deviennent jaunes dorées à l’automne et forment comme un tapis d’or à ses pieds. 
 
Description 
 
Ginkgo biloba en automne. 
 
Le ginkgo biloba est un prespermaphyte, embranchement précédant celui des plantes à graines, avec le suffixe en -spermes. En effet, le ginkgo biloba ne possède pas de graines, mais les plants femelles portent des ovules. Un ovule sera fécondé par le pollen d'un autre plant de ginkgo mâle, et germera immédiatement ; donnant naissance à un jeune pousse, au pied du plant mère. 
 
Les ovules de gingko sont souvent nommés, à tort, graine ou fruit. Les graines et les fruits n'apparaissent qu'avec les gymnospermes (ou conifères). L'ovule de gingko germera dès que les conditions seront favorables, à la différence d'une graine ou l'on peut mettre la pousse du nouveau plant entre parenthèse en la conservant au sec. 
 
Le Ginkgo est un arbre de taille moyenne, pouvant atteindre 20 à 35 m. Leur durée de vie est très importante, puisque certains spécimens sont connus pour avoir plus de 2 500 ans. 
 
L’écorce des jeunes Ginkgo est d’abord lisse puis devient craquelée et fissurée avec le temps. Sa couleur varie du brun au gris. 
 
Ses feuilles sont uniques parmi les plantes porteuses de graines, puisque formées de deux lobes en forme de palmes. Elles n'ont pas de nervure centrale comme la quasi totalité des plantes modernes et atteignent de 5 à 15 cm de long. 
 
L'ovule de couleur jaune-brun de 2 à 3 cm de diamètre qu'on prend généralement pour un fruit. Avant l'automne, cet ovule est lisse et attirant mais toxique car il contient de l'acide butanoïque, il sent d'ailleurs le beurre rance, ou encore la vomissure à l'automne lorsqu'il commence à se rider. 
 
Reproduction  
 
Ovules et feuilles en automne. 
Cônes polliniques mâles. 
 
Le ginkgo est un arbre dioïque, c'est-à-dire que chaque arbre est soit mâle soit femelle. Sa reproduction très primitive est une étape entre la reproduction des fougères et conifères et celle des plantes à fleurs. 
 
En effet, après avoir produit ses ovules, le ginkgo femelle reçoit du pollen que le ginkgo mâle produit en énorme quantité. Ce pollen arrive sur l'ovule, germe et est piégé par un liquide pollinique où il se transforme en deux spermatozoïdes qui nagent vers le gamète femelle, ce qui rappelle la fécondation archaïque de la fougère. La fécondation peut encore s'effectuer même si l'ovule est tombé à terre. Une fois cette fécondation effectuée, la jeune plante se développe sans passer par le stade de la graine au sens botanique du terme. 
 
La différence essentielle avec les plantes à fleurs se fait essentiellement au niveau de la production de l'ovule. Chez les plantes à fleurs, l'ovule est très petit et grossit une fois la plante fécondée en accumulant des réserves de nourriture pour le futur bébé (la graine). Chez le ginkgo, l'ovule est déjà plein de réserves nutritives même si celui-ci n'est pas fécondé et dans ce cas, elles auront été produites en pure perte. Une autre caractéristique du ginkgo est que l'ovule une fois fécondé n'a pas le pouvoir d'hibernation d'une graine et doit germer sans attendre. 
 
À ce titre, on peut comparer l'ovule du ginkgo à un œuf de poule qui ne donnera un poussin que si la poule a été fécondée par le coq mais qui, dans le cas contraire aura été produit en pure perte. 
 
La seule autre plante à ovules est le cycas. 
 
Le sexe d'un arbre est difficile à déterminer avant la production des organes de reproduction (ovules ou pollen). En effet, seules les femelles produisent des ovules (et donc des graines). La plupart des Ginkgo plantés en ville sont des mâles obtenus par bouturage pour être sûr qu'ils ne produiront pas de graines nauséabondes au milieu de l'hiver. 
 
La plante arrive à maturité sexuelle entre 20 et 30 ans et sa durée de vie peut excéder 1 000 ans[1]. 
 
Autre caractéristique biologique  
 
Le Ginkgo vit en symbiose avec une algue monocellulaire de type coccomyxa, endosymbiotique, découverte en 1992 et identifiée en 2000 dans la quasi-totalité des arbres et de ses tissus. 
 
Culture  
 
Le Ginkgo est peu exigeant pour la qualité du terrain. Il aime cependant les sols siliceux ou silico-argileux frais. 
 
Les arbres sont faciles à obtenir par germination des graines . 
 
Utilisation  
 
Adopté en Juin 1989, le symbole officiel de Tōkyō est une feuille de Ginkgo biloba verte en forme de T pour Tōkyō. En signe de croissance, prospérité, charme et tranquillité. 
 
Médecine  
 
Le Ginkgo a de très nombreuses applications médicales (circulation capillaire, vasodilatateur, circulation veineuse, etc.) [4] découvertes depuis plusieurs millénaires. 
 
Riche en flavonoïdes, l'extrait de feuilles de ginkgo est un puissant antioxydant[5]. Son utilisation pharmaceutique a été proposée pour ses capacités vaso-dilatatrices ce qui permettrait de traiter les problèmes de mémoire, la sénilité, les problèmes de peau. Mais aussi pour les varices, hémorroïdes, jambes lourdes. Il est également utilisé dans la maladie d'Alzheimer malgré l'absence d'efficacité démontrée. 
 
Il permettrait aux personnes atteintes du Syndrome de Raynaud de supporter le froid. 
 
Il contient également des terpènes, isolés en 1932 par Furakawa et appelés gingkolides. Leur structure est identifiée dans les années 1960. Elias James Corey, prix Nobel de chimie, fait la synthèse de l'un d'eux, le gingkolide B. 
 
En 2008, une étude financée par le National Center for Complementary and Alternative Medicine et le National Institute on Aging, portant sur 3 069 patients pendant 6 ans et publiée dans le JAMA a démontré l'absence totale d'effet thérapeutique sur la maladie d'Alzheimer et les accidents cardio-vasculaires [1]. 
 
Alimentation  
 
La « graine » de ginkgo entre dans la composition du chawanmushi japonais. Les « graines », comparables aux pistaches, sont une nourriture traditionnelle en Chine, souvent servie aux mariages ; elles sont parfois aussi considérées comme aphrodisiaques. 
 
Ornement  
 
On trouve des Ginkgo aujourd'hui dans de nombreuses rues et parcs des grandes villes en raison de sa résistance à la pollution. L'arbre est cultivé intensivement (en particulier pour l'usage médicinal de ses feuilles) en Europe, au Japon, en Corée et aux États-Unis[réf. nécessaire]. 
 
À cause de l'odeur rance très désagréable de sa graine, les Gingko plantés ont plutôt tendance à être des arbres mâles. 
 
Symbole 
 
Manuscrit original de Goethe. 
 
La feuille de Ginkgo est le symbole de la ville de Tōkyō au Japon. L'arbre est fréquemment cité dans les romans japonais de l'époque Meiji et contemporains (moins que les cerisiers en fleurs et les érables de l'automne, cependant). 
 
Le Ginkgo biloba est également l'arbre fétiche de la ville de Weimar (Allemagne) dans laquelle Goethe résida. 
 
« Dieses Baums Blatt, der von Osten 
Meinem Garten anvertraut, 
Giebt geheimen Sinn zu kosten, 
Wie's den Wissenden erbaut, 
 
Ist es Ein lebendig Wesen, 
Das sich in sich selbst getrennt? 
Sind es zwei, die sich erlesen, 
Daß man sie als Eines kennt? 
 
Solche Frage zu erwiedern, 
Fand ich wohl den rechten Sinn, 
Fühlst du nicht an meinen Liedern, 
Daß ich Eins und doppelt bin? » 
 
 
Traduction : 
 
« La feuille de cet arbre, qui, de l’Orient, 
Est confiée à mon jardin, 
Offre un sens caché 
Qui charme l’initié. 
 
Est-ce un être vivant, 
Qui s’est scindé en lui-même, 
Sont-ils deux qui se choisissent, 
Si bien qu’on les prend pour un seul ? 
 
Pour répondre à ces questions, 
Je crois avoir la vraie manière : 
Ne sens-tu pas, à mes chants, 
Que je suis à la fois un et double ? » 
— Johann Wolfgang von Goethe, Le Divan oriental-occidental, Gingko biloba, (traduction de Henri Lichtenberger) 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 23.04.2009
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